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Livre d'or

4 ans autour du monde : La bonne décision ?
de Guillaume 12/12/2009 00:00:00
4 ans autour du monde : La bonne décision ?
 
 

A quelques jours de mon retour en France, c’est un peu la confusion dans ma tête, des sentiments partagés entre l’envie de revoir ma famille et rester encore sur les routes. Quelque part, c’est (déjà) la fin de quelque chose, une page qui va se tourner et un nouveau chapitre à écrire. Mais si vous me posez cette question : Etait-ce la bonne décision ? Je vous répondrai oui à 100%.

 
Etait-ce la bonne décision ? Je vous répondrai oui à 100%.
 
 Tout a commencé il y a déjà plus de 4 ans quand j’ai pris la décision de tout quitté, de tout laisser derrière moi et de partir parcourir le monde. Le Club Teli , dans un sens, a été un des déclencheurs de cette décision.
 
En effet, lors du forum des voyageurs de 2006, j’avais pu rencontrer des représentants de l’alliance française du Yukon, ce territoire canadien, frontalier avec l’Alaska. Cette première entrevue aura été la première pierre à l’édifice qui me poussera à quitter mon travail et postuler pour le Permis Vacances Travail Canadien un an plus tard.
La première année de mon voyage, je l’ai donc passée au Canada. Mon premier point de chute fut Vancouver mais rapidement je me dirigeai vers les grands espaces Yukonnais qui m’attiraient davantage et représentaient La destination initiale. Sur place, la rencontre du personnel de l’alliance française (de nouveau), me permis de trouver rapidement du travail dans la construction et par la suite, par un concours de circonstance inouïe, j’eus la chance de partir travailler dans un camp minier au milieu de nulle part dans le "Bush" canadien. Une expérience exceptionnelle malgré des conditions de vie et de travail difficiles qui me permis de financer le périple suivant. Le périple en question étant la traversée du Nord au Sud de l’Alaska, en stop, puis la descente en bateau de toute la côte ouest canadienne avec une halte de quelques semaines sur les îles Queens Charlottes pour faire du Wwoofing.
 
Le seul retour en France de ces quatre dernières années f?t pour le mariage de mon frère, mais ces 6 premiers mois confirmaient déjà, sans aucun doute possible, ma décision et il me fallait absolument repartir rapidement.
 
Il me restait encore quelques mois sur mon PVT canadien mais, ne voulant pas en rester là, je postulais pour le visa WHV australien, ce qui me laissait un an pour terminer l’aventure canadienne et découvrir d’autres pays.
 
Personne ne voulant m’accompagner en cette fin d’hiver au delà du cercle polaire, je partais seul...
 
Cette fois, le retour au Canada se fit par la côte Est avec un détour par New York pour les fêtes de Noël puis le nouvel an Canadien dans la ville de Québec par un froid polaire (-30°C). Rapidement je me dirigeais vers la station de ski de Mont Tremblant pour trouver du travail et à défaut d’un emploi pour la station, je me retrouverai réceptionniste à l’auberge internationale de jeunesse du coin. Une expérience mémorable de plus et un départ difficile émotionnellement.
Mais après ces 3 mois, je souhaitais vraiment finir mon PVT au Yukon, mon point de départ, revoir les potes et surtout en profiter pour franchir le cercle polaire arctique, chose que je n’avais pas eu l’occasion de faire précédemment. Cinq jours de transcanadienne en bus et me revoilà sur place. Personne ne voulant m’accompagner en cette fin d’hiver au delà du cercle polaire, je partais seul, avec dans l’idée de tenter éventuellement ma chance dans un bed and breakfast recrutant des volontaires pour s’occuper de leurs chiens de traîneaux, de magnifiques Huskies blancs aux yeux bleu. 
 
Et cet opportunisme fut gagnant. Malgré l’idée de faire simplement une découverte de quelques jours des paysages polaires, je resterais finalement 3 mois dans la petite ville d’Inuvik. Travail de construction et de maintenance générale de l’endroit, déneigement, bûcheron (au Canada, ça c’est fait), s’occuper des huskies…, le tout récompensé régulièrement par des excursions en traîneau ou motoneige pour découvrir la faune et la flore locale au coeur de la transition hiver/été polaire, sublime !!! Le départ là aussi fut très dur. Malgré l'insistance de mes patrons pour me garder encore plusieurs semaines, je décidais de reprendre la route car il ne me restait que 4 mois avant l’échéance du visa australien. L’Amérique du Sud, étant un autre de mes rêves, mon point de chute fut donc l’Equateur pour 2 mois car petit budget oblige, il me fallait faire du bénévolat. 
 
Là encore, par l’intermédiaire du Club TELI , je me dégotais un boulot de "charpentier" dans une hacienda au Nord de Quito puis j’enchaînais par quelques semaines au sein d’une famille équatorienne très pauvre que j’aidais principalement pour les travaux agricoles. La suite, un timing limité et un choix à faire entre Pérou, Bolivie ou Colombie, ce sera finalement ce dernier pays plus le Panama rapidement et une remontée aux USA, Vegas et San Francisco avant de m’envoler pour l’Australie. mois passés plus ou moins seul sur les routes, énormément de backpackers, de la "concurrence" pour les petits boulots, mais une bonne ambiance avec toutes ces nationalités profitant du visa WHV.
 
Ma grande chance fut qu’après quelques petits jobs, je rencontrais un expatrié, qui me fit rentrer dans son entreprise, une usine qui produit des briques pour le bâtiment. Un boulot intérimaire de 9 mois, qui me permis de mettre beaucoup d’argent de côté car mon choix fut en quelque sorte d’accumuler les heures de travail dans la perspective de financer la suite de mon tour du monde. Le chemin étant déjà plus ou moins tracée dans ma tête, beaucoup de lectures et de recherches internet (Newsletters et forum du Club TELI , Voyage Forum entres autres), me laissait envisager qu’avec mon pécule et du bénévolat à droite et à gauche, il était parfaitement envisageable de rester sur les routes pendant encore 2 ans.   
 
Le destin en décida autrement car, lors de mon passage sur l’île de Bali, je rencontrais Susi, ma future femme et tout fut chamboulé...  
 
J’avais déjà plus ou moins tout préparé quand mon visa arriva à expiration, 5 semaines de break en Asie (Malaise, Singapour, Indonésie), un retour sur Perth pour aider un ami durant la période de fin d’année, la visite express de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, le tout sur 3 mois car l’idée était de débarquer au Népal à la fin de l’hiver (billet déjà en poche). Le destin en décida autrement car, lors de mon passage sur l’île de Bali, je rencontrais Susi, ma future femme et tout fut chamboulé. Je retournerais comme prévu en Australie pour un couple de mois mais pas de visite du pays et un retour à Bali pour revoir ma copine.
 
Fin février, je m’envolais comme prévu, pour 2 mois au Népal (dont plus d’un mois de Trek à travers l’Himalaya et les Anapurnas), un autre rêve qu’il me fallait absolument réalisé étant passionné de montagnes et d’alpinisme.
 
L’amour me ramena sur Bali après un bref passage par la Thaïlande et Bornéo, mais cette fois, il me fallait rester beaucoup plus longtemps sur place pour savoir si mon choix "d’abandonner" la suite de mon tour du monde était le bon. Je resterais finalement plus d’un an sur place, une immersion totale dans la vie balinaise puisque je vivrai tout du long au sein de ma belle famille, au coeur d’un village du nord de l’île. Une culture complètement différente de notre modèle occidental basé beaucoup plus sur l’entraide car l’Indonésie reste encore un pays très pauvre, un mode de vie beaucoup plus paisible et des gens merveilleux qui malgré la barrière de la langue, que je commence à parler petit à petit m’ont totalement intégré au sein de leur famille.
 
Et pour finir, en mai dernier, le mariage traditionnel Balinais et tout ce que cela implique au niveau administratif (une autre découverte entre les formalités indonésiennes et françaises (ambassade, consulat…), pas forcément réjouissante mais cela fait partie du monde du voyageur). 
Pour conclure, si je fais le bilan de ces dernières années sur les routes, comme je l’ai précisé au début, la décision de tout quitté fut la bonne. Je m’en vais retourner au pays avec des anecdotes et souvenirs plein la tête et une vision du monde et des choses de la vie bien différente qu’avant mon départ. Et si j’avais des conseils à donner pour ceux qui hésitent à partir, je leur dirais, avant tout de ne pas se poser trop de questions car presque jamais rien ne se passe comme prévu lors d’un tel voyage, avoir un très grand esprit d’ouverture, de l’opportunisme (sortir un peu des sentiers battus) par rapport au travail, oublier ses préoccupations matériels et sanitaires, prendre beaucoup sur soi quand ça va mal où que votre famille vous manque, mais en retour, que dire, l’enrichissement personnel est énorme, et cela peux vous changer une vie … 
 
Guillaume
 
NOTE : Guillaume a participé au concours de témoignages organisé par le Club TELI en octobre 2012 et a reçu un chèque de 700 euros en récompense !